Vous avez reçu, ou allez recevoir, une lettre de l’ANSM au sujet de votre contraception au désogestrel : Optimizette, Cerazette, Antigone, Elfasette ou un générique. Ce courrier vous informe d’un risque rare de méningiome.
Recevoir cette lettre ne signifie pas que vous avez un méningiome ni que votre risque est élevé. Elle concerne environ 1,6 million de femmes et vise à permettre à chacune de faire le point avec son médecin, sa gynécologue ou sa sage-femme.
Voici ce qu’il faut retenir.
L’essentiel à retenir
- Le risque de méningiome lié au désogestrel est très faible : environ un cas supplémentaire pour 67 000 à 67 300 femmes traitées.
- Il n’est pas nécessaire d’arrêter sa contraception brutalement ou de prendre un rendez-vous en urgence en l’absence de symptômes.
- Une IRM cérébrale n’est pas recommandée de manière systématique.
- La contraception doit être réévaluée régulièrement avec un professionnel de santé.
- Certains symptômes inhabituels doivent toutefois conduire à consulter rapidement.
Pourquoi ai-je reçu un courrier de l’ANSM ?
L’Assurance maladie a identifié les femmes majeures ayant eu une prescription remboursée de désogestrel 75 microgrammes au cours des douze derniers mois.
Si vous avez reçu ce courrier, c’est uniquement pour cette raison. Cela ne signifie pas qu’un méningiome a été diagnostiqué ou suspecté.
Le risque associé au désogestrel n’est pas une découverte récente. Les professionnels de santé ont déjà été informés à plusieurs reprises, notamment depuis 2025. En septembre 2026, l’ANSM a souhaité transmettre une information personnalisée aux femmes concernées afin qu’elles puissent en discuter lors de leur prochaine consultation.
Quelles contraceptions sont concernées ?
Les contraceptions contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel sont concernées par cette information.
Les pilules au désogestrel 75 microgrammes
- Cerazette ;
- Optimizette ;
- Antigone ;
- Elfasette ;
- les génériques contenant du désogestrel.
Les autres contraceptions concernées
Par précaution, sont également concernées :
- certaines pilules combinées contenant du désogestrel, comme Desobel, Mercilon, Varnoline et leurs génériques ;
- l’implant contraceptif Nexplanon, qui contient de l’étonogestrel ;
- l’anneau vaginal Nuvaring, Etoring et leurs génériques, qui contiennent également de l’étonogestrel.
Le stérilet au cuivre ne contient pas d’hormone. Le stérilet hormonal contient un autre progestatif, le lévonorgestrel, et n’est pas concerné par cette information spécifique.
Qu’est-ce qu’un méningiome ?
Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière.
Dans la majorité des cas, il s’agit d’une tumeur non cancéreuse qui évolue lentement. Selon sa taille et sa localisation, elle peut cependant provoquer différents symptômes.
Le risque de méningiome était déjà connu avec certains progestatifs fortement dosés, appelés macroprogestatifs, comme :
- Androcur ;
- Lutényl ;
- Lutéran ;
- Colprone ;
- Depo Provera.
Le désogestrel n’appartient pas à cette catégorie. Le risque qui lui est associé est beaucoup plus faible. C’est pourquoi une surveillance systématique par IRM n’est pas recommandée chez toutes les femmes qui prennent cette contraception.
Quel est le risque réel avec le désogestrel ?
Selon les données disponibles, le désogestrel est associé à environ un cas supplémentaire de méningiome pour 67 000 à 67 300 femmes traitées.
Le risque reste donc très faible. Il augmente toutefois avec la durée d’utilisation :
- il est multiplié par environ 1,7 après cinq ans d’utilisation ;
- il est multiplié par environ 2 après sept ans d’utilisation ;
- le risque supplémentaire n’est plus observé un an après l’arrêt du traitement.
Un risque très faible multiplié par deux reste un risque faible. L’immense majorité des femmes qui prennent ou ont pris du désogestrel ne développeront jamais de méningiome.
Quelles femmes doivent être particulièrement vigilantes ?
Une attention particulière est recommandée dans les situations suivantes :
- Vous avez 45 ans ou plus. Dans cette tranche d’âge, le risque peut apparaître dès la première année d’utilisation.
- Vous utilisez du désogestrel depuis plus de cinq ans.
- Vous avez déjà pris un autre progestatif associé à un risque de méningiome, comme Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone ou Depo Provera.
Ces éléments doivent être signalés à votre médecin ou à votre sage-femme afin que votre contraception puisse être réévaluée en tenant compte de votre âge, de vos antécédents et de la durée d’utilisation.
Après 45 ans, notamment pendant la périménopause, il est important de faire régulièrement le point sur la contraception. Le désogestrel n’est pas un traitement de la ménopause et, comme les règles peuvent être absentes sous cette pilule, la date de la ménopause peut être plus difficile à déterminer.
Dois-je arrêter ma pilule ?
Non, n’arrêtez pas votre contraception de votre propre initiative.
Un arrêt brutal peut entraîner une grossesse non désirée. En l’absence de symptômes, l’ANSM recommande de discuter de la situation avec son médecin ou sa sage-femme lors d’une consultation de routine.
Un changement de contraception peut naturellement être envisagé si vous le souhaitez ou si votre professionnel de santé le recommande. Il n’est cependant pas obligatoire pour toutes les femmes.
Faut-il faire une IRM cérébrale ?
Non, une IRM n’est pas nécessaire de manière systématique chez les femmes prenant du désogestrel ou de l’étonogestrel, car le risque de méningiome reste très faible.
Une IRM peut être proposée dans certaines situations :
- si des symptômes évocateurs apparaissent ;
- lors de la mise en place du désogestrel chez une femme ayant déjà été exposée pendant plus d’un an à un progestatif associé à un risque important de méningiome.
La décision se prend avec un professionnel de santé, selon votre situation personnelle.
Quels symptômes doivent conduire à consulter rapidement ?
Consultez rapidement un médecin, une gynécologue ou une sage-femme si vous présentez des symptômes inhabituels ou persistants, notamment :
- des maux de tête persistants ou différents de vos maux de tête habituels ;
- des troubles de la vue ;
- des vertiges ou des troubles de l’équilibre ;
- une faiblesse dans un bras ou une jambe ;
- des troubles du langage ou de l’audition ;
- une perte de l’odorat ;
- des troubles de la mémoire ;
- des convulsions ou l’apparition d’une épilepsie ;
- une aggravation d’une épilepsie existante.
Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses autres causes. Ils ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un méningiome, mais ils justifient un avis médical.
Si un méningiome est diagnostiqué, la contraception concernée est arrêtée et une autre méthode contraceptive est proposée avec l’aide d’un professionnel de santé.
Et si je préfère une contraception plus naturelle ?
Le courrier de l’ANSM peut donner envie de se tourner vers une contraception sans hormones. Cette décision est personnelle, mais il est important de connaître l’efficacité réelle de chaque méthode.
L’indice de Pearl correspond au nombre de grossesses observées pour 100 femmes utilisant une méthode contraceptive pendant un an.
| Méthode | Utilisation parfaite | Utilisation courante |
|---|---|---|
| Implant contraceptif | 0,05 | 0,05 |
| Stérilet hormonal | 0,2 | 0,2 |
| Stérilet au cuivre | 0,6 | 0,8 |
| Pilule | 0,3 | 8 |
| Préservatif masculin | 2 | 15 |
| Méthodes naturelles | 1 à 9 | 20 |
| Retrait | 4 | 27 |
Nombre de grossesses pour 100 femmes en un an. Données issues de l’OMS, reprises par la Haute Autorité de santé et l’Assurance Maladie.
Dans la vie réelle, environ une femme sur cinq peut être enceinte après un an d’utilisation des méthodes naturelles. Ces méthodes peuvent être encore moins fiables en périménopause, lorsque les cycles deviennent irréguliers et que l’ovulation est plus difficile à prévoir.
Enfin, aucune plante ne constitue une méthode contraceptive fiable. Certaines plantes, comme le millepertuis, peuvent même réduire l’efficacité d’une contraception hormonale. Signalez toujours la prise de plantes ou de compléments alimentaires à votre médecin ou à votre pharmacien.
Une contraception doit être réévaluée régulièrement
Le courrier de l’ANSM rappelle une règle importante : une contraception doit être réévaluée au cours de la vie, en fonction de l’âge, de l’état de santé, des antécédents, des traitements pris et des souhaits de chaque femme.
Un suivi annuel avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme permet de vérifier que la méthode utilisée reste adaptée. Cette consultation peut également être l’occasion de discuter d’un éventuel changement de contraception ou de poser toutes vos questions.
Le courrier de l’ANSM n’a pas pour objectif d’inquiéter. Il doit surtout permettre à chaque femme de disposer d’une information claire et de reprendre, si besoin, son suivi contraceptif.
À retenir
- Le risque de méningiome lié au désogestrel est rare.
- Ne modifiez pas et n’arrêtez pas votre contraception sans avis médical.
- Une IRM systématique n’est pas recommandée.
- Une vigilance particulière est nécessaire après 45 ans, après plusieurs années d’utilisation ou en cas d’antécédent de progestatif à risque.
- Consultez rapidement en cas de symptômes neurologiques inhabituels.
- Parlez de votre contraception au moins une fois par an avec un professionnel de santé.
Sources officielles
- ANSM – Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses
- ANSM – Lettre personnalisée destinée aux femmes concernées
- ANSM – Évolution des notices des contraceptifs
Important : cet article a une vocation d’information générale. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre gynécologue ou de votre sage-femme. Ne modifiez jamais votre contraception sans en parler avec un professionnel de santé.